Suivez moi sur Facebook

Facebook Pagelike Widget

S’inscrire à la Newsletter

Formulaire d'inscription à la Newsletter
  • Home
  • Fashion
  • L’imprimé léopard envahit la planète mode: décryptage d’un classique iconique 1/2

L’imprimé léopard envahit la planète mode: décryptage d’un classique iconique 1/2

Immersion dans l’imprimé promis motif de l’année 2019

Pour commencer à décoder l’influence inspirante du léopard, il suffit d’observer l’animal lui-même, avec toutes les caractéristiques qui lui sont propres comme la puissance, l’indépendance, la résistance, l’exotisme, la beauté, l’allure et une distinction incroyable.

La sensualité et le graphisme unique de son motif ont déjà une longue histoire car il a la capacité de séduire des personnes aux styles très variés.

Toutes les cultures s’inspirent du léopard comme talisman du pouvoir, cette transversalité temporelle et culturelle montre la force de la connexion primitive avec l’animal.

Attribut de pouvoir de beauté et de santé dans les civilisations anciennes, peintures et dessins montrent des personnages puissants habillés ou représentés avec des symboles du léopard.

Les premières peaux portées comme vêtement furent celles découvertes avec les prêtres et prêtresses égyptiens.

Néfertiti à la beauté et au pouvoir légendaires, dont le nom signifie « la belle est venue » et qui exerça un rôle politique et religieux considérable, avait choisi le léopard comme symbole de sa puissance et de sa beauté.  

Dans la mythologie grecque, la figure majeure de Dyonisos, dieu de la vigne du vin et des excès, est toujours représenté vêtu de léopard ou chevauchant des animaux féroces.

Exotisme, décadence et glamour 

A la fin du 18èmesiècle juste avant la révolution française, le léopard est un motif très tendance à la cour du roi obsédée par la mode et en recherche perpétuelle de vêtements incroyables et de nouveautés.

Louis XVI passionné d’animaux exotiques, fait rapporter certaines espèces à Paris. 

L’impression léopard ou la rayure zèbre deviennent alors une coquetterie, comme le tout nouveau goût pour le safari.

Les animaux exotiques mais aussi l’inspiration des Amazones et de Diane chasseresse déclenchent cette tendance léopard qui annonce les aspirations féministes à venir.

 Avec la révolution française, il devient de plus en plus dangereux de porter des vêtements susceptibles de trahir une connivence avec l’aristocratie et la royauté ce qui provoque l’abandon immédiat de cette tendance.

Jusqu’à cette époque, s’habiller est extraordinairement cher et réservé à un nombre restreint d’individus car tout est fait main, même les tissus. En dehors des rois et de leur cour, le vêtement a une fonction rudimentaire.

La révolution industrielle qui suit aura un impact considérable sur l’évolution de la façon de s’habiller et en particulier sur l’accès aux vêtements pour le plus grand nombre. Avec ce passage à la mécanisation et à l’industrialisation, des motifs nouveaux arrivent sur le marché et le léopard prend un virage inédit.

Zoom sur les incarnations de cet animal fétiche

Au tout début de XXème siècle et pour la première fois depuis l’antiquité, la symbolique du léopard, « triomphe de l’homme sur l’animal », va évoluer pour prendre un nouveau virage, en particulier chez les femmes.

Parce qu’à cette époque d’après-guerre, elles cherchent plus d’indépendance et de droits, et que les hommes essaient de les ramener à la maison, porter du léopard devient signe d’indépendance et de transgression de la place attendue de la femme dans la société et l’apanage de celles qui sont empruntes de liberté.

L’imprimé devient celui des femmes méchantes, superficielles et instables.  « La femme trophée », « La mauvaise mère», «La femme fatale».

Littéralement celle qui reste indomptable ou incontrôlable.

On trouve l’expression de ce code dans la création de personnages cinématographiques américains.  

Beaucoup de femmes s’inspirent alors de ces personnages et le léopard devient la parure d’une féminité indépendantes souvent jugée excentrique mais sûre de son pouvoir de séduction 

 La marquise Luisa Casati s’affiche avec des guépards tenus en laisse. Joséphine Baker, Gene Tierney, Gaby Deliss, Louise Glam, Joan Crawford et toute une brochette d’actrices hollywoodiennes lui emboîtent le pas.

 

Femmes fatales, sex-appeal, show girls. Toutes ces « indomesticables » femmes ne furent pas les seules à adopter l’imprimé léopard car il fut aussi porté par la plupart des femmes les plus élégantes du monde.

La haute couture a toujours eu une immense fascination pour ce motif particulièrement dans le travail de Christian Dior.

Alors que les femmes fatales d’Hollywood ont hissé ce motif au rang de symbole du glamour, le couturier Christian Dior lui ajoute une respectabilité bourgeoise.

Il est le premier à l’utiliser à la place de la fourrure en 1947 et l’intègre dans ses créations, notamment dans la spectaculaire collection appelée « Jungle ». 

Depuis, l’imprimé se retrouve régulièrement sur les podiums des défilés de mode.

 

 

Pour comprendre tout ce que cette symbolique peut représenter pour Christian Dior, il faut se rappeler que lorsque que sa sœur, Catherine Dior, rentra miraculeusement des camps de concentration, il décida que la puissance et le pouvoir du léopard serait une parfaite représentation de sa survie. Il nomma son parfum « Miss Dior » après que Gruau ne dessina le symbole d’une patte de léopard soutenant la main d’une femme. 

Mitzah Bricard, muse de Christian Dior portait aussi très souvent du léopard.

Clientes du couturier, le léopard est adopté et popularisé par des icônes de style comme Marilyn Monroe, Brigitte Bardot, Audrey Hepburn ou Jacky Kennedy (mais souvent en vraie fourrure !)

En parallèle de l’utilisation du léopard dans les hautes sphères de la couture, du bon goût et du style, il y a aussi toute une symbolique à connotation négative.

A la fin des années 40 et 50, le léopard commence à apparaitre en maillots de bain et lingerie. Considéré comme indécent, c’est l’apanage des pin up dont Bettie Page en offre une version dénudée plus osée, posant en maillot imprimé dans des décors de jungle.

 Les femmes cherchent à se libérer et cassent les codes établis. Dans la polarisation de l’époque, le léopard est donc aussi l’imprimé des « aventurières » (qui ne restent pas au foyer). Et des personnages des comics de la pop culture ou du burlesque américain.

Dompté par les stars des années 1960 telles qu’Elizabeth Taylor, Sophia Loren, Brigitte Bardot ou Catherine Deneuve, le léopard devient objet de sophistication et d’élégance populaire.

 

 

 

 

 

En 1967, dans Le Lauréat, Anne Bancroft alias Mrs Robinson, mère hypersexuelle et vénéneuse, séduit le jeune Dustin Hoffman en lingerie léopard.  

La controversée créatrice Diane von Furstenberg mixa à l’infini cet imprimé sur ses robes portefeuilles drapées iconiques.

Dans les années 70 et 80, l’imprimé léopard investit la scène rock, privilégié par des artistes comme Debbie Harry, du groupe Blondie ou Tina Turner. Le mouvement punk l’adopte pour rejeter le bon goût de la bourgeoisie. Des stars comme David Bowie s’en emparent comme moyen de jouer avec le look androgyne

Dans ces années qui frappent et renversent les codes vestimentaires. Le bon goût est rejeté. Le côté wild de la bête entre en résonance avec les revendications de cette période.

Les punks utilisent les dimensions dangereuses et sexy de l’animal pour choquer. Il devient également le motif indécent endossé par les filles de joie. Il est utilisé comme pied de nez à la bourgeoisie.

Le léopard est punk mais aussi pop quand il est abordé par la reine Madonna.

 Désormais très connoté, il prend un nouveau tournant où il incarne à la fois le glamour et la réussite, symbole qui reflète impérialement la richesse de cette époque.  

Quelque soit le style, le léopard est devenu un classique de la garde robe  pour les rois de la pop comme pour les reines et princesses de sang  

Dans les années 1990, Roberto Cavalli, Dolce Cabana, Moschino, Azzedine AlaïaGianni Versace en fond l’incontournable de leurs collections. Le léopard devient un basique, un élément « neutre » comme le dit Jenna Lyons de J. Crew et l’animal fétiche des modeuses.

Diana Vreeland, journaliste célèbre pour Harper’s Bazaar puis rédactrice en chef du Vogue américain, amoureuse de l’imprimé sauvage, en fait son emblème et inspire les femmes de son époque.

Depuis les années 2000, il est l’attribut rock avec une touche discrètement trash de toutes les femmes qui s’assument, un classique de la garde-robe? Comment le faire entrer dans son vestiaire et bien l’utiliser? A découvrir dans la seconde partie de cette article, bientôt en ligne… 

Sources:

 

 

 

Laisser un commentaire